Portes ouvertes sur la spiritualité

Du 2 au 10 novembre a lieu la 13e Semaine des religions en Suisse. Une centaine d’activités sont organisées dans le pays pour promouvoir le dialogue entre les différentes religions et cultures. À Bienne, on mise sur l’ouverture aux personnes distancées.

Une personne sur quatre se déclare sans confession dans le district de Bienne. Reflet de la situation helvétique, le chiffre n’est pourtant pas motif d’annulation de la Semaine des religions, bien au contraire. Dès le 31 octobre, vingt-cinq organisations de la région participeront à la 13e édition de cet événement annuel, qui se tient du 2 au 10 novembre à l’échelle nationale. Et cette année, les organisateurs espèrent aussi intéresser ceux que la simple évocation de la religion fait frémir.

La religion par le corps

La Table ronde des religions Bienne a retenu le thème «Spiritualité et mysticisme». Organisatrice de l’événement, la plateforme régionale pour le dialogue interreligieux ratisse volontairement large, avec l’envie de bouleverser les codes. Les dogmes religieux sont donc remisés au placard. Pendant la Semaine des religions, l’accent est mis sur la diversité des pratiques religieuses.

«Dans notre société, la religion est avant tout perçue comme institutionnalisée. Pourtant bon nombre de gens se sont détournés de l’institution, sans pour autant couper le lien avec la religion. Et la spiritualité, en tant que besoin humain, concerne une grande partie de la population», lâche Barbara Heer, coordinatrice de la Table ronde des religions Bienne. La religion, c’est aussi de la spiritualité et de l’émotion. Un aspect souvent oublié dans le dialogue interreligieux, trop souvent cantonné à des échanges à teneur intellectuelle, observe Barbara Heer: «Il est pourtant plus facile de déceler les nombreux points communs qui existent entre les différentes traditions religieuses par ce biais-là, alors même que les dogmes sont éloignés.»

Pour changer le discours et les idées préconçues sur les traditions religieuses, on prend le sujet par l’autre bout: l’expression de la religion par le corps. Au programme donc, un atelier pleine conscience et mysticisme, avec des exercices concrets de méditations orientales. La projection des films «Le cercle des petits philosophes», où les enfants partagent leurs grandes questions existentielles, et «Closer to God», un documentaire qui aborde le soufisme, courant mystique de l’islam. Et un débat réservé aux moins de 25 ans de tous horizons.

S’ouvrir aux nouvelles spiritualités

La Semaine se conjugue ainsi à travers une découverte différente des religions traditionnelles, mais pas de nouvelles spiritualités à la grille. «À terme, nous aimerions aussi que des personnes pratiquant d’autres formes de spiritualité ou des personnes athées prennent part à l’organisation de cette semaine et s’assoient à la Table ronde des religions. Mais cela prend du temps, et tout le monde ne se reconnaît pas sous l’étiquette religieuse. Le yoga, par exemple, n’est pas toujours assimilé par ses pratiquants à une forme de spiritualité», note Barbara Heer. L’occasion de faire connaissance reste pourtant essentielle pour la coordinatrice. «La religion fait partie du débat public, alors qu’on cherche à la cantonner à la sphère privée. Nous œuvrons pour une meilleure compréhension et pour briser les stéréotypes des croyants comme des non croyants: la spiritualité est normale.»

La Semaine des religions

Depuis treize ans, la Semaine des religions est organisée en Suisse la première semaine de novembre. Organisée par l’association interreligieuse Iras Cotis, l’objectif est d’inviter à la rencontre et au dialogue entre les différentes religions et cultures présentes dans le pays, œuvrant ainsi pour la paix religieuse. Une centaine de manifestations ont lieu dans tout le pays, et tous les cantons romands ont répondu présents.

Programme de la Semaine des religions sur www.semaine-des-religions.ch