Entre jeux et histoires, l’enfant nourrit sa spiritualité

Comment accompagner un enfant dans ses questionnements existentiels? La paroisse réformée du Jorat a organisé une soirée autour de la spiritualité des plus jeunes, mercredi 6 février à la chapelle de Servion.

«Les enfants ont une riche spiritualité. Ce n’est que depuis la fin du XXe siècle qu’on s’y intéresse. Il s’agit de rompre avec une certaine tradition selon laquelle on pensait qu’il fallait “remplir” l’enfant. Cela ne signifie pas qu’il ne faut rien lui transmettre, au contraire. Il faut le mettre en contact avec des textes, des histoires, des rituels, et laisser raisonner tout cela en lui», explique Florence Auvergne-Abric, philosophe et animatrice au Service catéchèse, formation et animation de l’Église protestante de Genève. Mercredi 6 février, la paroisse vaudoise du Jorat a organisé une soirée autour de la spiritualité de l’enfant, à la chapelle de Servion, une église spécialement aménagée pour ce jeune public.

Lors de cette rencontre, Florence Auvergne-Abric et Caroline Baertschi-Lopez, auteure et animatrice au Service catholique de catéchèse de Genève, ont amené une vingtaine de parents et de moniteurs du culte de l’enfance à s’interroger sur les besoins et la spiritualité des plus jeunes. «Les principaux outils dont disposent les enfants sont essentiellement les histoires et les jeux. Nous devons leur y donner toute notre attention», souligne Florence Auvergne-Abric.

Au travers d’animations et d’échanges, les participants ont réfléchi aux différentes façons d’accompagner les petits dans leurs questionnements existentiels. Par exemple, face à un vitrail représentant un enfant, le public a dû dire à qui cette figure lui faisait penser. Amenés à réfléchir sur leur enfance et leurs propres enfants, les participants ont réalisé une liste de thèmes exprimant le développement et la spiritualité des plus jeunes. Une série d’activité qui a permis aux adultes de se sensibiliser à la richesse des plus jeunes. «Nous n’avons fait qu’ébaucher quelques pistes», relève toutefois Florence Auvergne-Abric.

La méthode Godly Play

Les deux intervenantes sont formatrices de la méthode Godly Play. Initiée par le pasteur américain Jerome W. Berryman, cette approche pédagogique vise à faire découvrir des récits bibliques et des actions liturgiques aux enfants à travers le jeu. Ludique et créative, elle amène les bambins à être acteurs de leur propre réflexion. «Ce que nous avons fait ce soir avec les adultes se base sur le même principe. Il s’agit de montrer aux participants qu’ils ont tout en eux. On cherche ensemble, il n’y a pas de bonnes réponses», explique Caroline Baertchi-Lopez.

La chapelle de Servion, église des enfants, a été inaugurée en septembre 2017. Le chœur qui occupe environ la moitié de l’édifice a été débarrassé de ses bancs et couvert de tapis. Sur les côtés, des étagères accueillent des jeux. Le lieu a été spécialement aménagé pour permettre des animations Godly Play. «Je suis convaincu que cette approche est la relève du culte de l’enfance. Nous avons vraiment envie de la développer plus largement», précise Bernard Monstein, président du conseil de paroisse, qui vient de terminer sa formation Godly Play.

Pour aller plus loin

Caroline Baertschi-Lopez est l’auteure du livre «Les enfants, portiers du royaume» dans lequel elle présente la pratique catéchétique Godly Play. L’ouvrage a été publié en octobre 2017, aux Éditions Cabédita.