Les luthériens pressent Donald Trump d’accepter plus de réfugiés

Le mercredi 30 septembre, le gouvernement américain devra fixer le nombre limite de migrants pouvant être admis aux États-Unis. La date butoir approchant, aucun chiffre n’a encore été déterminé. Les Églises luthériennes réclament que ce nombre soit augmenté par rapport à celui de l’an passé.

Selon le Lutheran Immigration and Refugee Service (LIRS), la plus grande organisation confessionnelle américaine au service des migrants, l'administration de Donald Trump n'a pas encore fixé le nombre de réfugiés pouvant être admis aux États-Unis cette année. Or la date limite est proche. À partir du mercredi 30 septembre, aucun réfugié ne sera plus accepté aux États-Unis tant que l'administration n'aura pas déterminé un quota précis.

L’Église luthérienne face à la situation actuelle

«La réputation de notre nation, jadis intacte en tant que lieu de refuge pour les opprimés et les persécutés de toutes confessions, a été gravement endommagée», déclare Krish O'Mara Vignarajah, présidente et directrice générale du Lutheran Immigration and Refugee Service. Ancienne réfugiée du Sri Lanka, celle-ci se demande même si sa famille serait encore accueillie en Amérique aujourd'hui si elle devait à nouveau fuir une persécution ethnique et religieuse.

Ayant fixé un plafond de réfugiés à 45'000 personnes lors de sa première année de présidence, Donald Trump a diminué ce plafond à 30'000 en 2019. Sur les 18’000 réfugiés approuvés par l'administration pour l'année fiscale 2020, seuls 10’845 ont été officiellement intégrés dans la société américaine. Face à cette diminution, les dirigeants du LIRS et 243 membres du clergé de l'Église évangélique luthérienne d'Amérique (ELCA) ont envoyé une lettre à Donald Trump et au secrétaire d'État Mike Pompeo pour demander d'admettre au moins à 95’000 migrants pour la prochaine année fiscale, qui débutera dès octobre 2020.

Une mission pour les Églises

Le travail consistant à aider les réfugiés à s’insérer en Amérique est en grande partie réalisé par des organisations religieuses. Sur les neuf associations autorisées par le gouvernement à travailler à l’insertion des migrants, six revendiquent une affiliation religieuse: LIRS, World Relief, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, Church World Service, HIAS (fondée sous le nom de Hebrew Immigrant Aid Society) et les ministères épiscopaux des migrations.

Selon la lettre du LIRS, «aimer son prochain, accompagner les personnes vulnérables et accueillir l'étranger» témoigne des valeurs de la foi luthérienne. La lettre indique que les congrégations de l'Église évangélique luthérienne ont aidé les réfugiés en matière de logement, de langue, d'emploi et de soutien social nécessaires à leur intégration dans leurs communautés depuis les années 1980. Cependant, leur capacité à le faire dépend du «leadership moral» du gouvernement.

«En tant que personnes de foi, nous croyons que nous devons honorer la dignité de chaque être humain, quelle que soit son origine nationale. Nous nous sommes engagés à suivre les enseignements de Jésus et à maintenir la tradition de notre nation, qui est de protéger les persécutés», souligne le Lutheran Immigration and Refugee Service.