Les représentants religieux veulent mieux protéger les lieux saints

La question de la protection des lieux de culte contre les attaques a été discutée lors de la dixième assemblée des Religions pour la paix. La coalition mondiale réunit du 20 au 23 août près d’un millier de représentants religieux en Allemagne, sur les bords du lac de Constance.

Désormais, les représentants religieux du monde entier travailleront ensemble de manière plus intensive pour améliorer la protection des mosquées, des églises, des synagogues et des temples contre les attaques. «À l’avenir, nous considérerons l’attaque d’un site religieux comme une attaque contre tous les sites religieux. Une communauté ne doit pas seulement protéger son propre site, mais aussi les sites sacrés des autres groupes religieux», a déclaré William Vendley, secrétaire général de l'organisation Religions pour la Paix, au deuxième jour de l’assemblée de l’événement. Pour sa dixième édition, la rencontre réunit plus de 900 représentants religieux, de gouvernements et d’ONG du monde entier du 20 au 23 août à Lindau, en Allemagne, sur les bords du lac de Constance. Elle a pour objectif de trouver des solutions aux conflits actuels dans le monde.

Pour l’heure, aucun plan concret s’agissant de la protection des lieux de culte n'est encore sur pied, mais l'organisation Religions pour la paix est engagée dans des pourparlers avec différents gouvernements et les Nations Unies, a précisé William Vendley. «Les religions jouent un rôle important dans la protection, mais elles ne peuvent réussir qu'avec l’aide des gouvernements, des villes et de la société», a souligné le secrétaire général.

Promouvoir la paix

«En tant que promoteurs puissants et résistants de la paix, les religions peuvent rendre un service indispensable et irremplaçable aux peuples», a déclaré le président allemand Frank-Walter Steinmeier à l'ouverture de l’assemblée. Mais la foi et la religion peuvent aussi être utilisées à mauvais escient «comme motivation pour des intentions et des objectifs politiques fondamentalement non religieux», a-t-il poursuivi. Pour le président allemand, le message commun de Lindau doit être: «La religion ne doit jamais justifier la haine et la violence. Aucune guerre ne peut être menée au nom de la religion.»

Le président de l’Église protestante d’Allemagne (EKD), Heinrich-Strohm, a quant à lui qualifié la rencontre de «signe d’espérance dans un monde incertain. Avec cette rencontre, nous voulons donner un signal mondial contre les divisions qui conduisent à la haine et à la violence et trouver des moyens pour la paix, la justice et une gestion responsable de la Création.»

Près d'un demi-siècle d'action

Religions pour la Paix est la plus grande coalition internationale de communautés religieuses de promotion commune et d’actions concrètes en faveur de la paix, active depuis 1970. Les représentants de Religions pour la paix ont joué un rôle actif de médiateurs dans les conflits en Bosnie-Herzégovine et au Rwanda, entre autres. Le réseau Religions pour la Paix se compose d’un Conseil mondial de hauts responsables religieux de toutes les régions du monde, de six conseils régionaux interreligieux et de 90 conseils nationaux, du Réseau mondial Femmes de foi et du Réseau mondial interconfessionnel des jeunes. L’assemblée se déroule tous les six ans, et cette année pour la première fois en Allemagne.

22 août: Journée internationale pour les minorités religieuses victimes de violences

Face à la multiplication dans le monde des actes de violence à l’encontre des minorités religieuses l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de proclamer le 22 août «Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions». Huit pays sont à l’origine de cette résolution, le Brésil, le Canada, l’Égypte, les États-Unis, l’Iraq, la Jordanie, le Nigéria, le Pakistan et la Pologne. Le texte adopté par l’ONU en mai dernier souligne que «les actes de violence à motivation religieuse ne peuvent pas et ne seront pas tolérés par les Nations Unies, les États membres, ni la société civile». L’Assemblée générale a tenu à rappeler qu’il incombe en premier chef aux États de protéger les personnes appartenant à des minorités religieuses, y compris leur droit de pratiquer leur culte ou de manifester leurs convictions en toute liberté dans le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en particulier le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. - Maurice Page, cath.ch