Les Églises exhortées à soutenir un bateau de sauvetage en Méditerranée

L’Église évangélique réformée de Suisse et la Conférence des évêques de Suisse sont appelées à soutenir le projet d’un navire de sauvetage supplémentaire en Méditerranée, initié par les Allemands.

«Nous sommes tous responsables de la situation catastrophique en Méditerranée», lâche Pierre Bühler, professeur émérite de théologie et membre du Réseau de la charte de la migration. Ce groupe formé par des théologiens protestants et catholiques majoritairement suisses alémaniques a appelé l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) et la Conférence des évêques (CES) à soutenir moralement et financièrement un navire de sauvetage supplémentaire en Méditerranée, mardi 7 janvier, lors d’une conférence de presse à Berne. Ce projet «United4Rescue» a été initié par l’Église protestante en Allemagne (EKD) et cherche une alliance internationale. Ses objectifs sont le sauvetage en mer, l’absence de criminalisation, des procédures d’asile justes et des ports sûrs. Il s’agirait dans un premier temps d’acheter un bateau et de pouvoir financer son fonctionnement. «Par exemple, le navire SOS Méditerranée coûte environ 12'000 francs par jour.»

«Il est essentiel que les Églises fassent des actions concrètes. Ce que nous disons dans nos prédications doit se retrouver dans nos actes», insiste le professeur. Mi-décembre le Réseau de la charte de la migration a envoyé une lettre aux deux institutions. «Pour l’instant les discussions ont été plutôt positives, mais nous n’avons pas encore reçu de réponse officielle. Nous leur avons laissé un certain temps, rendre aujourd’hui cet appel public est une manière de faire pression», explique Pierre Bühler.

Dépôt d’une pétition

Cet appel aux Églises s’est tenu parallèlement au dépôt de la pétition «Faire cesser les noyades de réfugiés en Méditerranés» lancée par les réseaux de solidarité de Suisse, Solidarité sans frontières et d’autres organisations religieuses et civiles. Environ 200 personnes se sont rassemblées sur la Weisenhausplatz à Berne. Les noms des 35'997 personnes décédées en mer depuis 1993 étaient affichés sur des banderoles. Cette pétition, qui a recueilli plus de 24'000 signatures, a pour but de soutenir la motion parlementaire «Faire cesser les noyades des migrants en Méditerranée» de la socialiste zurichoise Mattea Meyer, qui demande des mesures concrètes pour un accueil rapide et décentralisé en Suisse. «Cette motion a reçu une réponse non satisfaisante du Conseil fédéral qui a estimé que la Suisse était déjà suffisamment active dans ce domaine, mais elle doit encore être débattue au national», précise la parlementaire.

«Les Églises sont un acteur civil très important pour la solidarité et la justice. Nous avons beaucoup de chance d’être nés en Suisse. C’est notre responsabilité d’aider les migrants», ajoute Mattea Meyer. «En Italie, la communauté religieuse des vaudois du Piémont est très engagée pour l’accueil des migrants. Si les Italiens ont réussi à trouver un consensus avec le gouvernement de Salvini, ne pourrait-on pas y arriver en Suisse?», soulève la militante pour les droits humains Anni Lanz.