Le Centre de Sornetan est à vendre

Réunis en assemblée extraordinaire mardi 8 septembre, les délégués des Églises réformées se sont prononcés, à l’unanimité, en faveur de la mise en vente du Centre de Sornetan. Les activités se poursuivent toutefois à moyen terme avec un programme riche et varié.

En novembre dernier, les représentants des paroisses réformées de la région, qui sont propriétaires du Centre de Sornetan (BE), ont pris connaissances des différents scénarios possibles pour l’avenir. Plusieurs possibilités ont été présentées par le comité pour faire face aux difficultés rencontrées. Parmi les options: une séparation entre formation et hôtellerie, la location des infrastructures, une vente partielle ou totale.

Prévue initialement en avril, l’assemblée extraordinaire, qui devait donner une orientation claire pour la suite des opérations, a été repoussée en septembre, en raison des mesures liées au coronavirus. Les délégués ont donc eu le temps d’étudier la question en détail.

But initial

Une séparation entre l’offre de formation et l’hôtellerie semblait inévitable. «Dès lors, c’est le but même de l’association qui est remis en cause», a tenu à souligner Reto Gmünder, pasteur de Haute-Brise et délégué au Synode des Églises réformées Berne-Jura-Soleure. En effet, selon les statuts, l’objectif principal est de favoriser la rencontre et le dialogue, de mettre sur pied des formations et de pouvoir échanger sur des questions d’actualité. Pour ce faire, l’association peut exploiter des locaux et également accueillir des groupes qui en font la demande. «Sortir la formation des compétences du Centre reviendrait à redéfinir le but de l’association, qui se concentrerait uniquement sur la gestion et l’entretien d’un centre de rencontre et de séminaires», a ajouté Reto Gmünder.

«Si l’idée de rassemblement et de dynamise a été très forte dans les années septante, durant les premières années du Centre, les conditions ont beaucoup changé, notamment au niveau des moyens financier», a rappelé le président de l’assemblée Pierre-André Lautenschlager.

«Il est de notre devoir d’agir alors qu’il est encore temps», a complété le délégué de la paroisse de Bienne Raphaël Schaer. Il a notamment exposé ses craintes d’une aggravation de la situation.

Dès lors, les dés semblaient jetés et les nombreuses autres interventions ont plaidés en faveur d’une vente du bâtiment.

Longue réflexion

«Je ne suis pas surpris par cette décision», précise Pascal Flotron, président du comité de l’Association du Centre de Sornetan. Il se dit soulagé qu’une volonté claire ait émergé. «Cela fait plus d’une dizaine d’années que l’on s’interroge sur l’avenir du Centre sans jamais avoir de réponses», ajoute-t-il. En effet, son modèle d’exploitation peinait à trouver un équilibre. Ces dernières années, les nuitées ont diminué, conséquence de l’évolution décroissante générale dans le domaine du tourisme et des séminaires. Les soutiens des Églises et des paroisses sont également remis en cause. Confrontées à des restrictions budgétaires, celles-ci se verront dans l’obligation de réduire leurs dépenses dans les prochaines années.

Phase transitoire

Conscient que la mise sur le marché d’un tel bâtiment ne sera pas chose facile, les membres du comité ont désormais pour mission d’assurer la continuité des activités et de mettre en place les structures pour la mise en vente, à un prix qui devra encore être précisément calculé. Des travaux de rénovation sont même prévus: le chauffage sera entièrement refait, des panneaux solaires seront installés et les fenêtres changées afin de répondra aux exigences écologiques actuelles. Un chantier plébiscité par l’ensemble de l’assemblée: «Il est de notre responsabilité de faire un investissement pour une consommation durable d’énergie», a souligné Laurent Juillerat, délégué de la paroisse des Franches-Montagnes. Un plus pour la revente du bâtiment qui pourra être remis avec un bilan énergétique quasiment nul.

Perspectives nouvelles

L’offre de formation perdura, un groupe de travail se penche actuellement sur la question et présentera prochainement des propositions concrètes. Pour l’heure, les activités reprennent suite à une pause prolongée en raison des mesures sanitaires liées au coronavirus. Janique Perrin, la nouvelle responsable de la formation, compte proposer un programme riche et varié «que ce soit sur ce navire ou un autre», selon son expression. En cas de vente, la formation pourrait se faire dans d’autres lieux, si le Centre de Sornetan venait à prendre une autre orientation.