Les vaudois du Piémont en difficulté financière

L'Église vaudoise en Italie, connue pour son travail humanitaire en faveur des réfugiés, fait face à des problèmes financiers. Alors que les collectes ne peuvent plus avoir lieu pendant les offices religieux, elle peine à joindre les deux bouts.

Le 26 avril dernier, le gouvernement italien a annoncé qu'il assouplirait les mesures relatives au coronavirus. L'industrie et le commerce doivent être relancés à partir d’aujourd’hui, lundi 4 mai. Certaines restrictions seront également en partie levées. Or, aucun assouplissement n'est prévu pour les Églises pour l'instant. Par exemple, les offices religieux publics resteront interdits dans toute l'Italie jusqu'à nouvel ordre. L'Église protestante des vaudois du Piémont est directement concernée. Dans un appel de soutien, elle s'est adressée au comité vaudois de Suisse alémanique. Pour l'Église du Piémont, la crise pourrait avoir «des conséquences très graves».

Une douloureuse baisse de revenus

Les vaudois sont particulièrement préoccupés par leur situation financière. Comme aucun service religieux n'a eu lieu depuis début mars, impossible de faire des collectes. Les cotisations volontaires sont aussi généralement récoltées pendant les services religieux. L'Église les utilise pour financer les salaires et les pensions des pasteurs et des diacres.

Il n'est pas encore possible d'estimer l’ampleur du trou financier. Dorothea Müller, pasteure à Naples et membre du conseil d’administration de l'Église vaudoise, s'attend à des coupes douloureuses. «Nous prévoyons de recevoir au moins 17% de contributions en moins cette année». En plus, il faut s’attendre à ce que les revenus locatifs des biens appartenant à l’Église diminuent également. «La crise économique provoquée par le coronavirus aura certainement un impact sur le montant et la régularité des loyers», déplore-t-elle.

La crise, un marathon

Avec environ 20’000 membres, l'Église vaudoise est la plus grande Église protestante d'Italie. Grâce à l’impôt d’État sur les cultes «otto per mille» – une loi selon laquelle 8‰ de l'impôt de sur le revenu est reversé à une organisation religieuse reconnue –, elle dispose d’importants revenus. En Italie, ce sont les contribuables eux-mêmes qui décident à quelle communauté religieuse ils veulent dédier leur impôt ecclésiastique et environ 500’000 Italiens choisissent les vaudois chaque année. Toutefois, ces fonds sont destinés à un usage spécifique. «Nous ne pouvons les utiliser que pour financer nos projets sociaux et culturels, pas pour les salaires de nos employés», précise Dorothea Müller.

Pour l'instant, l'Eglise n'a pas encore atteint l’étranglement: «De nombreuses communes ont déjà versé une partie de leurs cotisations et certaines même la totalité». Néanmoins, la crise économique provoquée par la pandémie pourrait se transformer en un sévère test d’endurance pour l'Église.

Un engagement multiple

L'Église vaudoise en Italie participe depuis des années à de nombreux projets sociaux et diaconaux. Elle a notamment participé à la création de couloirs humanitaires pour les réfugiés. Elle gère également des maisons de retraite, des centres de conseil, des écoles et des centres de rencontre pour les demandeurs d'asile. Elle reçoit un important soutien du Comité vaudois en Suisse alémanique, qui a été fondé en 1978 par les Églises cantonales réformées suisses alémaniques.

Le Comité romand pour l’Église et les vallées vaudoises du Piémont

Fondé en 1944, le Comité romand pour l’Église et les Vallées vaudoises du Piémont favorise les échanges entre les paroisses réformées de Suisse romande et l’Église vaudoise d’Italie et rassemble des dons pour lui apporter un soutien financier.