La nécessité du traçage des fidèles

Près de 100 personnes ont été infectées lors d’un culte à Francfort en Allemagne, le 10 mai. Sans liste de participants, le traçage de la chaîne d’infection est particulièrement compliqué.

«Nous regrettons qu’aucune liste d’adresses des participants n’ait été établie. En conséquence, la détermination des chaînes d'infection par les autorités sanitaires locales prend beaucoup de temps», regrette Kai Klose, le ministre des Affaires sociales et de l’Intégration du Land de Hesse. Le 10 mai dernier, plus de 100 personnes d'une congrégation baptiste de Francfort, en Allemagne, ont été infectées par le Covid-19 après avoir assisté à un service religieux. Sur son site internet, la congrégation a déclaré qu'elle avait suivi les règles de distance, mais qu'elle avait chanté sans masque.

Selon les experts, la transmission du coronavirus se fait essentiellement par gouttelettes provenant des voies respiratoires, libérées lors de toux ou d’éternuement. Toutefois, le spécialiste de l’hygiène Ulrich Vogel affirme: «Si l’on chante beaucoup et fort, il n’est pas exclu que de fins aérosols contenant l’agent pathogène soient distribués dans l’air. Seule une ventilation suffisante permet de disperser les gouttelettes afin qu’elles ne soient plus contagieuses.»

René Gottschalk, directeur du bureau de la santé de Francfort, confirme qu’au total 180 personnes ont assisté à cet office religieux, ce qui a conduit à l'apparition de l'infection dans la ville et dans trois autres districts. Actuellement, les chaînes d'infection de plus de 150 personnes sont en cours de vérification.

Des listes obligatoires?

Lorsque cette affaire sera éclaircie, la question sera de savoir si les listes de participants deviendront obligatoires, en Hesse. Ce n'est pas encore le cas, mais les Églises réformée et catholique enregistrent de leur propre initiative les adresses des fidèles, qui sont ensuite conservées pendant un certain temps.

Les listes de participants permettent en effet de contrôler l’épidémie. La situation actuelle demande de la prudence. D’ailleurs, Kai Klose rejette l'idée de la levée des restrictions de contact, dès le mois de juin. Le cas de la congrégation baptiste de Francfort n'est pas le seul à avoir montré que, malgré le faible nombre de cas actuels, les infections peuvent se propager très rapidement. «Il est donc trop tôt pour une levée complète des restrictions comme prévu en Thuringe», a-t-il souligné.

Depuis le 1er mai, les rassemblements religieux sont à nouveau autorisés en Hesse, sous certaines conditions. Dans les églises protestantes et catholiques ainsi que dans les synagogues et les mosquées, une distance minimale de 1,50 mètre doit être respectée entre les participants et d'autres mesures d'hygiène telles que l'installation de distributeurs de désinfectant sont également obligatoires. La communauté baptiste concernée est une association privée qui n'appartient pas à la Fédération des Églises libres évangéliques en Allemagne.