Gottfried Locher réélu à la tête de la Fédération des Églises protestantes de Suisse

Après des échanges intenses, les délégués de la FEPS ont réélu leur actuel président Gottfried Locher pour un troisième mandat, dimanche 17 juin à Schaffhouse. Il a remporté 43 voix, contre 24 pour sa concurrente la pasteure zurichoise Rita Famos.

Photo: Gottfried Locher © FEPS

«Faire un choix permet un réel processus démocratique. Et si l’on élit une femme, ce serait un signe fort pour l’œcuménisme», affirme Ruth Kremer de l’Église argovienne. Pendant près de deux heures, les délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) ont exprimé leurs opinions face aux deux candidats à la présidence: la pasteure zurichoise Rita Famos et l’actuel président Gottfried Locher. À l’issue du vote à bulletin caché, le pasteur bernois de 51 ans a obtenu 43 voix sur 67, remportant un troisième mandat pour la législature de 2019 à 2022.

Mais avant le résultat final, rien n’était joué. Ces dernières semaines, plusieurs critiques à l’encontre de l’actuel président sont sorties dans la presse alémanique, notamment au sujet de son rapport au pouvoir et de sa façon de communiquer. «Nous avons examiné ces reproches. Il y a en effet des possibilités d’amélioration, mais aucune indication d’un comportement inapproprié», souligne Johannes Roth, président de la commission d’examen de la gestion et délégué de l’Église zougoise. Plusieurs délégués ont, en effet, déploré les critiques envers leur président. «Faire de Gottfried Locher un patriarche qui méprise les femmes n’est pas sérieux», proteste Martin Schmidt de l’Église du canton de Saint-Gall. «Nous considérons la modification de la Constitution comme un beau résultat de Gottfried Locher», ajoute-t-il.

De son côté, Michel Müller de l’Église zurichoise a exprimé son mécontentement à l’égard du président. «On attaque la presse, mais est-ce qu’on a envie d’un président qui ne réagit pas aux critiques? Cette élection peut faire peur, mais la confiance ne s’impose pas par le pouvoir». Parallèlement, Rita Famos, 52 ans, directrice du service d’accompagnement spirituel spécialisé de l’Église zurichoise a reçu un large soutien. Décrite comme une femme intelligente, «avec un grand cœur», éloquente et engagée, Rita Famos semblait être la candidate idéale pour bon nombre de personnes. «Après tout ce qu’on a modifié au niveau de la Constitution, je pense que Rita Famos est la bonne candidate», souligne Lars Syring de l’Église du canton d’Appenzell.

«Ces trois dernières semaines (ndlr. depuis que Rita Famos a déposé sa candidature) ont été particulièrement mouvementées, mais cela montre que la base s’intéresse à ceux qui la dirigent et qu’elle recherche une Église démocratique qui sache discuter», constate Rita Famos après le résultat du vote. «Nous avons pu aborder aujourd’hui des aspects importants. Je continuerai de faire des erreurs et je dois pouvoir compter sur vous pour m’améliorer», conclut Gottfried Locher.

L’Assemblée des délégués se poursuit à Schaffhouse jusqu’au 19 juin. Au programme, la deuxième lecture du projet de Constitution.