Les différentes facettes de François d’Assise à travers les arts

Entre peinture, littérature et cinéma, la figure de François d’Assise a largement imprégné la production artistique depuis le Moyen-Age
La Faculté de théologie de l’Université de Genève organise un colloque sur François d’Assise, les 6 et 7 avril.

«Il existe peu de textes de François d’Assise, mais énormément de réceptions sur le plan artistique et littéraire», lâche Ghislain Waterlot, professeur de philosophie et d’éthique à l’Université de Genève. C’est à travers la peinture, la littérature et le cinéma que la figure de ce mystique italien du XIIIe siècle sera abordée, dans le cadre d’un colloque à l’Uni Bastions, les 6 et 7 avril prochains. Fondateur de l’ordre franciscain après s’être littéralement mis à nu, ce religieux catholique canonisé six ans après sa mort a rencontré dès son époque une grande popularité qui s’est développée au fil des siècles.

«Le franciscanisme est un très grand mouvement créé par un seul homme qui en a rassemblé plus de 6000, en à peine douze ans. Ce courant exprime une nouvelle façon de voir la vie religieuse, en rupture avec les ordres cloitrés. Les franciscains vont aller et venir dans la société», ajoute le professeur, à l’origine du colloque. «La figure de François d’Assise exerce encore aujourd’hui une fascination extraordinaire, même parmi les non-croyants, peut-être parce qu’elle incarne un idéal éthique qui interpelle l’homme contemporain», relève Mariel Mazzocco, collaboratrice scientifique à l’Institut romand de systématique et d’éthique, également organisatrice de cette rencontre.

La «joie parfaite»

Initiateur de la «joie parfaite», François d’Assise avait prôné une radicale pauvreté. «Il en fait une réjouissance de ne plus devoir s’inquiéter des choses matérielles. C’est provocant et paradoxal, mais cela souligne l’idée que dans le consentement à tout perdre se trouve la «joie parfaite», et la présence de Dieu» explique Ghislain Waterlot. «Il s’agit de simplicité qui n’est ni banalisation ni simplification, mais de trouver la joie, de trouver Dieu dans les petites choses que ce soit en lien avec la nature, les animaux ou le contact avec les autres», précise Mariel Mazzocco.

«Notre époque est obsédée par l’argent et la croissance, et la pensée de François d’Assise est vraiment en contradiction avec cette perception du monde. On retrouve une sorte de contemporanéité chez ce religieux de par sa volonté de souligner cette phrase de l’Evangile qui dit qu’on ne peut pas aimer à la fois Dieu et Mammon, Dieu et l’argent. Au fond, pendant toute sa vie François d’Assise souligne quelques phrases de l’Evangile, mais qu’il rend absolument vivantes, qu’il incarne et qu’il fait vivre», ajoute le professeur.

Une approche interdisciplinaire

Ainsi, le colloque réunira éthiciens, philosophes, théologiens, historiens et cinéastes afin d’aborder la figure François d’Assise de façon interdisciplinaire du Moyen-Age à l’époque contemporaine. A la fin de la rencontre, le comédien Robert Bouvier interprétera un extrait du spectacle François d’Assise, d’après l’ouvrage de Joseph Delteil, suivi de la projection du film «Les onze Fioretti de François d’Assise» de Roberto Rossellini.

Programme et information

Le colloque intitulé «Peinture, littérature et cinéma devant la ‘joie parfaite’: le cas François d’Assise» se déroulera le jeudi 6 avril dès 14h15 au vendredi 7 avril à 19h30 environ, à l’Uni Bastions, à Genève, salle B111. Le programme est disponible en ligne.