Le conseil synodal s’excuse pour le licenciement de Martin Hoegger

L’exécutif de l’Eglise réformée vaudoise réhabilite le pasteur licencié en mai et reconnaît en particulier son engagement pour la cause œcuménique. Pour l’heure, le ministre n’occupe toutefois pas de poste au sein de l’institution.

L’exécutif de l’Eglise réformée vaudoise réhabilite le pasteur licencié en mai et reconnaît en particulier son engagement pour la cause œcuménique. Pour l’heure, le ministre n’occupe toutefois pas de poste au sein de l’institution.

«Après avoir réévalué la situation, le Conseil synodal (exécutif de l’Eglise) reconnaît que le licenciement de Martin Hoegger était regrettable. Il est conscient des blessures que cette décision a occasionnées à Martin Hoegger ainsi qu’à l’Eglise, et s’en excuse», peut-on lire dans la newsletter interne de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), publiée jeudi. «Je suis reconnaissant de cette décision», déclare l’intéressé contacté par Protestinfo. Le pasteur licencié le 19 mai dernier, et qui ne représente plus l’EERV au sein des instances œcuméniques depuis mars 2015, se dit également «soulagé» que son engagement en faveur de du dialogue entre les confessions chrétiennes soit reconnu par l’exécutif.

«Cela a été un temps dur, mais j’ai toujours eu, au fond de moi, la paix. J’étais confiant que la justice serait faite.» Le pasteur Hoegger sera ainsi invité, comme tous les ministres quittant leur fonction à la soirée des jubilaires. Il n’a pour l’instant pas de poste au sein de l’EERV. «J’ai décidé de poursuivre mon ministère d’aumônier de la communauté de Saint-Loup; un 30% qui est indépendant de l’EERV. Pour le reste, je suis dans une période de discernement quant à mon futur.»

Martin Hoegger s’est retrouvé au cœur de l’«affaire Fatzer», puisque c’est après avoir pris sa défense lors d’un culte radiodiffusé que le pasteur gréviste de la faim a été licencié. Martin Hoegger a toutefois gardé le silence durant toute cette tourmente. «J’ai délibérément refusé toute interview, car j’estime qu’un tel problème doit être réglé à l’intérieur de l’Eglise. Je suis par contre très reconnaissant du soutien que m’a apporté la Ministérielle, l’association des pasteurs et diacres de l’EERV.»

La question des ressources humaines de l’EERV a également occupé le synode vendredi soir. Réunis au Palais de Rumine pour une séance de relevé, les délégués des régions et services de l’Eglise ont rapidement mené à bien la troisième lecture des modifications réglementaires introduisant une commission de traitement des litiges à laquelle les ministres en conflit avec le Conseil synodal ou l’Office des ressources humaines pourront faire appel. «Je crois que l’on dispose maintenant d’un outil qui va faire que chacun d’entre nous se sente dans son bon droit», a commenté Xavier Paillard, président du Conseil synodal à l’issue du vote final.

Nouvelle tension à Saint-Laurent

«Même si la polémique médiatique s’est estompée, le Conseil synodal n’a pas cessé de garder le contact avec les ministres avec lesquels il y a conflit», a annoncé Xavier Paillard, lors des communications.

«Le Conseil synodal a réaffirmé sa volonté que les activités de Saint-Laurent Eglise reprennent, même en l’absence de Daniel Fatzer qui y était pasteur», a-t-il ajouté. Mais une nouvelle tension a déjà eu lieu lors de la première célébration de la rentrée, puisque c’est Daniel Fatzer qui assurait la liturgie en tant que pasteur bénévole. Une situation que ne goûte guère l’exécutif cantonal qui attend d’un ministre licencié qu’il prenne davantage de distance. «Le Conseil synodal prendra une décision quant à cette situation lors de sa séance du mardi 13», a promis Xavier Paillard.