L’Office des ressources humaines de l’Eglise vaudoise sous le feu de la critique

Après un débat houleux, le synode a unanimement décidé de créer un groupe de travail pour procéder à des ajustement sur son règlement en matière de ressources humaines.

Photo: Le synode siégeait au camp de Vaumarcus

Par Joël Burri

Le Synode (organe délibérant) de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud (EERV) a siégé vendredi 19 et samedi 20 juin au camp de Vaumarcus. La session a débuté par des débats tendus. Un courrier envoyé à tous les délégués et à quelques journalistes par un «groupe de laïcs» dénonçait le fait qu’au sein de l’EERV, «les mesures disciplinaires prises par les Conseil synodal (exécutif) et Office des ressources humaines (ORH) ne sont pas rares: en effet, depuis son accession au pouvoir en 2009, l’autorité exécutive de l’EERV a multiplié les directives et recommandations en tous genres, menacé les ministres qui ne s’y pliaient pas, intimidé des laïcs engagés, déplacé autoritairement des ministres, licencié d’autres.»

Les attaques contre les mesures RH du Conseil synodal et l’ORH se sont poursuivies au moment du débat sur les rapports du conseil synodal et de la commission de gestion. «J’ai lu le rapport de gestion, j’ai vu que le Conseil synodal avait pris des mesures de prévention des incendies futurs, mais aucune mesure pour éteindre l’incendie actuel», a dénoncé l'ancienne conseillère nationale Suzette Sandoz, qui réclame une séparation des rôles de chef spirituel et d’employeur. Elle a ensuite proposé que l’Eglise engage des professionnels des ressources humaines. Le Conseiller synodal John Christin a répliqué vivement: «Il est absolument scandaleux que vous posiez un jugement de valeur sur le personnel de l’ORH». Au vu de la formation des employés de cet office, il refuse qu’on l’accuse de manque de professionnalisme.

Selon les chiffres du Conseiller synodal, entre 2010 et 2015, l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) a licencié quatre personnes sur plus de 300 ministres; 4 ont reçu des avertissements formels et 4 contrats à durée déterminée n’ont pas été renouvelés.

Constatant que le Synode ne disposait pas d’éléments suffisants pour prendre position sur ces questions touchant à des situations personnelles, plusieurs délégués ont appelé à mettre fin à ce houleux débat: «J’ai de la peine à subir ces longs plaidoyers qui mélangent relations de travail, vocation et vie en Eglise», s’est exclamée la déléguée Martina Schmidt, secrétaire romande de Pain pour le prochain. Relativisant la lettre signée de trente personnes, le pasteur Frédéric Keller a même reconnu que «même le plus mauvais des pasteurs a sa garde rapprochée!»

Une solution qui fait l’unanimité

Finalement, samedi matin, un compromis a mis d’accord les défenseurs des pasteurs licenciés et la majorité des membres du synode qui accorde leur confiance au Conseil synodal et à l’Office des ressources humaines. Un groupe de travail sera constitué: il analysera le fonctionnement de l’Eglise en matière de ressources humaines et proposera des correctifs réglementaires au synode de février 2016. A noter que le Conseil synodal lui-même a déjà pointé quelques corrections souhaitables. Cette motion a permis l’adoption du rapport de la Commission de gestion à l’unanimité moins 5 abstentions.

Les Terreaux changeront

Le Synode a également eu une première discussion, non décisionnelle, sur l’avenir de l’Espace culturel des Terreaux à Lausanne. Sous l’impulsion du pasteur et metteur en scène Jean Chollet, cette ancienne chapelle de l’Eglise libre est devenue un théâtre en 2004. Le ministre approchant de l’âge de la retraite, la question de l’avenir du lieu se pose, d’autant plus que sa situation financière est préoccupante. Plusieurs opinions ont été ainsi exprimées, si la majorité des délégués restent attachés à cet engagement culturel de l’Eglise, d’autres, comme la déléguée morgienne Claude Neyroud Busslinger, considèrent que cette activité «coûte une blinde, alors que les paroissiens passent leur temps à racheter les pâtisseries qu’ils ont eux-mêmes confectionnés pour financer les activités de leur paroisse!» Finalement, lors du vote indicatif final la majorité du Synode s’est dite favorable à ce que les activités des Terreaux se poursuivent, mais réduisent sa production propre et accueille davantage de colloques ou expositions mis sur pied par d’autres secteurs de l’Eglise, notamment.