Synode extraordinaire de l'Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV): Oui à l'accueil sans restriction des homosexuels, non à la bénédiction des couples du même sexe

Le Synode extraordinaire de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (EERV), réuni à Dorigny près de Lausanne les 25 et 26 janvier 2008, est entré en matière sur la question des homosexuels
A près une journée de débats sereins, le Synode (législatif) a affirmé clairement la volonté de l’Eglise d’accueillir toute personne, sans aucune exception ni discrimination. Si actuellement l’Eglise ne célèbre aucun acte liturgique pour les couples de même sexe, le Synode a clairement invité le Conseil synodal à poursuivre la réflexion sur un acte liturgique spécifique à leur intention.

C’est donc un « oui mais » plutôt engageant que le Synode a donné en réponse aux trois propositions concernant l’accueil des personnes homosexuelles en Eglise qui lui étaient soumises par le Conseil synodal. Les débats, nourris mais jamais houleux, ont occupé toute la journée du samedi, confirmant le réel désir de l’assemblée de ne pas escamoter les questions qui divisent, d’écouter les réticences des uns et les désirs d’avancée des autres sur un sujet de société qui touche à l’identité profonde de chacun. et qui ne laisse personne indifférent. S’il n’y a pas pour l'heure de bénédiction ni de célébration de mariage en vue pour les couples de même sexe, un acte liturgique verra peut-être le jour plus tard, après avoir été longuement mûri pour ne pas créer de confusion avec le mariage hétérosexuel, encore moins dévaloriser ce dernier. La décision de ne pas accepter de bénédiction de mariage de couple homosexuel pour le moment, mais de poursuivre la réflexion sur une forme appropriée de liturgie, a été accepté par 63 voix contre 4.

Le Synode a par ailleurs adopté par 58 voix contre 9, une résolution sur la consécration et l'engagement de pasteurs et de diacres homosexuels. L'Eglise reconnaît implicitement qu'0elle en compte en son sein mais elle leur demande de veiller à ce que leurs comportements et leurs discours ne deviennent pas une pierre d’achoppement. Le texte de la résolution stipule en effet : « De même que l’Eglise, à quelque niveau ou moment que ce soit, ne saurait mettre un ministre ou un candidat à un ministère en demeure de dévoiler son orientation sexuelle, un ministre ne saurait mettre en demeure l’EERV de se prononcer officiellement sur son orientation sexuelle. Pour sa part le ministre ne saurait utiliser sa fonction comme lieu de revendication ou de militantisme ». En d’autres termes, les ministres et les diacres sont priés d’être discrets et de ne pas confondre vie privée, ministère personnel et vie communautaire. Le tact et la discrétion sont aussi de mise du côté de ceux qui sont chargés d’engager des ministres et des diacres.

En acceptant d'entrer en matière sur la question de l'homosexualité, contrairement à l'Eglise réformée évangélique de Neuchâtel, l'EERV a manifesté sa volonté d'ouverture.