C’est un douteux privilège de l’âge que de repasser parfois son existence, d’en revivre les étapes et d’essayer de comprendre comment on est devenu ce que l’on est. On m’a toujours raconté que j’étais tombé dans l’histoire quand j’étais petit. C’est vrai mais je dois ajouter qu’on m'a poussé.
Par Guy Le Comte
C’était à la fin des années 40, dans le quartier de la Cluse, à Genève. A l’école de la Roseraie, dès la première enfantine, on nous prenait en mains pour faire de nous de petits patriotes. Les parents n’y trouvaient rien à redire. Les papas, pour la plupart, votaient pour Nicole mais avaient aussi 1000 jours de mob au compteur et n’acceptaient des leçons de patriotisme de personne et surtout pas de ceux qui reconvertissaient en hâte leurs sympathies mussoliniennes anciennes en une admiration béate de l’Amérique trumanienne!




