Une collecte pour atténuer le chaos de la crise

Recueillie ce dimanche 1er novembre dans toutes les paroisses réformées de Suisse, la collecte de la Réformation prévoit de soutenir les paroisses endettées par la pandémie. Une situation particulièrement pénible pour les Églises qui ne bénéficient pas de l’impôt ecclésiastique dans leur canton.

Le semi-confinement et les nombreuses mesures sanitaires imposées aux services religieux ont entraîné une diminution considérable des collectes. Particulièrement touchées: les paroisses des cantons qui ne recueillent pas d’impôt ecclésiastique. La Solidarité protestante Suisse (SPS) veut maintenant les aider grâce la collecte de la réformation – la plus ancienne collecte protestante et la seule qui soit récoltées en même temps dans toutes les paroisses réformées de Suisse. L'argent ainsi est collecté le premier dimanche de novembre, étant chaque année destiné à un projet précis. En 2019 par exemple, il était destiné à soutenir la rénovation alors urgente de la paroisse réformée d'Einsiedeln, dans le canton de Schwytz.

Mais cette année, tout est différent. Pour la première fois, les recettes de la collecte iront au profit de plusieurs Églises. «L’argent collecté va être utilisé pour soutenir les paroisses réformées, les églises cantonales et les œuvres d’entraide qui ont subi des pertes financières massives ou doivent faire face à des dépenses supplémentaires importantes en raison des mesures aint-Covid», indique le site de la SPS.

Catéchisme et infrastructures coûteuses

Les paroisses des cantons où il n'y a pas d'impôt ecclésiastique sont particulièrement touchées par la pandémie. Elles dépendent principalement de dons ou de collectes, mais ces dernières ont drastiquement chuté en raison de la pandémie. C'est le cas, par exemple, du Tessin ou d’autres cantons de Suisse romande. Membre du conseil d'administration du SPS, Andreas Hess explique: «Les collectes sont utilisées pour financer, entre autres, le catéchisme et les activités des églises telles que les réunions de personnes âgées ou les camps d'enfants. Cet argent a maintenant disparu.»

Au Tessin, la Chiesa riformata evangelica finance les salaires de ses employés grâce à des cotisations volontaires. En revanche, l'enseignement religieux, les travaux et l'entretien des bâtiments sont payés par les congrégations à partir de leurs collectes. Pendant le semi-confinement au printemps, ces différents domaines ont dû faire face à un grand manque financier.

Dans la paroisse de Locarno et ses environs, la perte de revenus s'élève à environ 20’000 francs. «Entre mars et juin, nous n'avons pu proposer que des services en ligne, mais même après cela, moins de gens venaient à l'église par crainte d’être contaminé», explique le pasteur Markus Erny. Et l'éducation religieuse, financée par l’Église cantonale, était particulièrement coûteuse. Au Tessin, les enseignants protestants se rendent dans les classes une fois par semaine. «Nous avons plusieurs bâtiments scolaires sur le terrain de notre paroisse, chacun avec quelques élèves réformés. Cela coûte bien sûr», constate Markus Erny. La paroisse de Locarno a donc été contrainte de prendre des mesures pour réduire les coûts. Les travaux d'entretien des bâtiments ont été temporairement reportés.

Des pertes conséquentes du côté de Neuchâtel

La situation est tout aussi critique dans le canton de Neuchâtel. Pasteur dans la paroisse réformée du chef-lieu, Florian Schubert s'attend à une perte d’au moins 50’000 francs. Autre source importante de revenus touchée, les collectes des funérailles. «En raison de la restriction à dix personnes par service funèbre, nous avons collecté beaucoup moins d'argent que d’habitude», explique le pasteur. Bien que la paroisse ne doive pas encore prendre de mesures drastiques en termes de réduction des coûts, Florian Schubert craint que la situation ne s'aggrave. Dans l'Église neuchâteloise, il existe un impôt d'église volontaire, fixé au niveau des revenus. «Comme les gens ont beaucoup mois gagné cette année à cause de la pandémie, la contribution à l'Église est beaucoup plus faible.»

Les nouvelles mesures du Conseil fédéral, prises le 28 octobre, pourraient encore aggraver la situation. Les paroisses, Églises cantonales et œuvres concernées peuvent donc déposer une demande de soutien auprès de la SPS avant la fin janvier 2021.

La Solidarité protestante suisse

Fondée à Bâle en 1842 sous le nom d’«Association d'aide de l'Église protestante», la Solidarité Suisse Protestante a vécu un tournant en 2018. Dissoute, l’association indépendante est devenue une conférence de l'Église évangélique réformée de Suisse (EERS), remplissant les mêmes tâches et les mêmes fonctions qu’auparavant. L'objectif de cette conférence est de collecter des fonds «pour la mise en œuvre de projets dans des Églises de diaspora». Ces derniers étant destinés à renforcer des lieux de la foi réformée.