Face au complot

Face au complot

Sommes-nous victimes d’un complot? Face à toutes les informations que nous entendons, à quelle parole donner foi?

L’actualité des derniers mois a mis en lumière ces voix qui proposent de nous révéler les dessous de la réalité. La plupart du temps, ces «théories du complot» suggèrent l’existence d’une motivation cachée derrière les événements et sont méfiantes face aux discours considérés comme officiels.

Si nous y regardons bien, la Bible elle-même n’est pas exempte de situations semblables, où deux discours entrent en concurrence. Il nous suffit de l’ouvrir dans le livre de la Genèse, au chapitre 3, pour y trouver la suggestion faite par le serpent à Adam et Eve face à l’interdiction prononcée par Dieu. Nous pouvons également rappeler cet épisode où, face aux témoignages de la résurrection de Jésus, la version officielle des chefs religieux est une accusation de vol (Matthieu 28, 12-15). Parole contre parole! Face à ces discours sur le tombeau vide, les habitants de Jérusalem pouvaient, bien sûr, mener leur propre enquête pour se faire une opinion: trouver les faits, chercher des preuves, recouper les informations…

Mais arrivés – ou pas – au terme de leurs investigations, ils se seraient néanmoins retrouvés face au choix posé par la proclamation de Pierre à la Pentecôte: «Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié!» (Actes des Apôtres 2, 42). En effet, si Jésus est maintenant Seigneur et Christ, cela implique pour eux de relire la réalité à travers ce prisme. Si Jésus est Seigneur, alors quelqu’un d’autre ne l’est pas: ni l’empereur, ni les dieux romains et grecs, ni Pierre, ni eux qui écoutent… Si Jésus est Seigneur, alors ceux qui l’entendent se doivent d’agir en conséquence.

Aujourd’hui, cette proclamation peut encore renouveler notre vision du monde. Elle nous invite à fixer notre attention sur Jésus et, ce faisant, à remettre à leur juste place les connaissances que nous avons, les informations que nous recevons, les convictions que nous portons : théologiques, politiques, nationales… En effet, si elles ont pris le pas sur notre attention au Christ, si elles ont pris le dessus sur sa parole et son double commandement d’amour de Dieu et du prochain, c’est peut-être qu’elles ont pris la place de Seigneur qui lui revient! «Jésus est Seigneur», c’est fixer avant tout notre attention sur lui et le suivre, le connaître et être connu de lui.

Dans ce désir de suivre Jésus comme Seigneur et Christ, la prière ci-dessous invite à s’attacher à lui selon ces paroles dans l’évangile selon Jean: «Je suis le chemin, la vérité, la vie.»

Seigneur Jésus-Christ,
toi qui as dit :
«Je suis le chemin, la vérité et la vie»,
nous t’en prions:
ne souffre pas que nous nous écartions de toi,
toi qui es le chemin;
que nous soyons sceptiques envers tes promesses,
toi qui es la vérité;
que notre repos soit ailleurs qu’en toi,
toi qui es la vie.
Car tu nous as appris
en qui croire,
que faire
et où nous reposer.
D’Erasme de Rotterdam, dans Livre de Prières.

L’auteur de cette page 

Venu de Madagascar pour des études en informatique, Tojo Rakotoarison s’orientera ensuite vers la théologie, à Paris puis en Suisse romande. Il est actuellement pasteur dans les paroisses de Vallorbe et de la Vallée de Joux dans le canton de Vaud (EERV). Il programme encore à l’occasion.