Et si le changement de mode de vie passait par la spiritualité?

À quelques semaines des élections fédérales, quels candidats choisir pour relever les défis écologiques actuels? L’association Cèdres Réflexion organise un débat électoral autour des enjeux climatiques et de la spiritualité.

«L’Église ne peut pas se détourner du politique. La théologie, le christianisme ne peuvent pas faire fi des questions de société qui nous sautent au nez», affirme le pasteur Jean-François Habermacher, président de Cèdres Réflexion. Cette association, indépendante, mais en lien avec l’Église réformée vaudoise organise un débat électoral autour de la question du rôle de la spiritualité dans les défis écologiques, jeudi 5 septembre, au Palais de Rumine, à Lausanne. À l’aube des élections fédérales, cette soirée intitulée «La Terre brûle-t-elle?» rassemble quatre politiciens de différents partis, un biologiste, un économiste et un théologien.

«Il s’agit, non seulement, de prendre conscience que nous avons besoin de mesures politiques drastiques si nous ne voulons pas aller dans le mur, mais aussi de se questionner sur le rôle que peut jouer la religion dans un changement durable des consciences et des pratiques», explique le philosophe et théologien, Jean-Marc Tétaz, modérateur du débat. Lors de cette rencontre, Raphaël Arlettaz, le chef du département de biologie de la conservation à l’Université de Berne, donnera un aperçu des aspects de la crise écologique. S’ensuivront les propositions politiques des différents invités.

Différents plans d’action

«Nous avons sorti un document "cool down 2040" qui demande à ce que la Suisse émette zéro émission nette de CO2 d'ici 2040 avec de nombreuses propositions concrètes dans le domaine des bâtiments, de la mobilité, de l'énergie ou encore de l’agriculture et des forêts. Le parti vert'libéral veut utiliser l'économie comme levier pour la transition énergétique», explique sa conseillère nationale, Isabelle Chevalley. «Au-delà de se mettre sans tarder sur le chemin de la neutralité carbone, nous devons poser des conditions-cadres pour réduire le suremballage, le gaspillage et la consommation frénétique de biens de consommation jetables», souligne Raphaël Mahaim, député vert au Grand Conseil vaudois. «Le problème le plus grave est le réchauffement climatique», affirme le conseiller national socialiste Roger Nordmann. «Il faut se passer des énergies fossiles en gagnant en efficacité et en utilisant les énergies renouvelables, pour la mobilité, le bâtiment et l’économie», ajoute-t-il. 

«Pour changer les choses, il faut certes des actions, de nouvelles bases légales, des mesures incitatives voire des contraintes politiques, mais il nous faut tout autant changer les lunettes avec lesquelles nous regardons le monde. Pas de révolution écologique sans un véritable changement d’état de conscience. Et la spiritualité peut y contribuer», assure Jean-François Habermacher. De son côté, Jean-Marc Tétaz précise qu’une spiritualité centrée sur le développement de soi n’apportera pas de changements au niveau global. «Il faut privilégier une spiritualité qui renoue avec certains types d’ascèse», explique-t-il. Intéressé de longue date par le thème de l’écologie et de la spiritualité, Raphaël Mahaim, protestant réformé, estime qu’il est particulièrement stimulant de questionner le rapport à la nature en même temps que le rapport à Dieu et au mystère. «Peut-être que si nous avons une conscience de la transcendance, du fait que la Création nous dépasse, nous aurons davantage de respect pour la nature», ajoute-t-il.

Un engagement personnel

«La spiritualité ou la foi nous engage personnellement dans les relations avec les autres et l’environnement. L’État ne doit pas tout faire, il faut un engagement personnel et ma foi m’engage dans le service à l’autre et pour la nature», explique le conseiller national PLR Laurent Wehrli, également invité à la soirée et membre d’une Église évangélique. «Évidemment, un discours politique ne doit en aucun cas être un prêche et réciproquement», ajoute celui qui est également syndic de Montreux. Si pour Jean-Marc Tétaz, «une religion est un style de vie», les changements dans le mode de se comporter au quotidien nécessitent un ancrage communautaire fort.

«L’électorat religieux est particulièrement sensible aux questions éthiques et sociétales. Et avec la question du climat et de l’environnement, on est en plein dans cette problématique», souligne Roger Nordmann qui n’appartient à aucune communauté religieuse. «Il s’agit de délivrer un message à tous les électeurs qu’ils soient religieux ou non. Après avoir entendu mes idées, ils pourront faire leurs choix», ajoute encore Isabelle Chevalley qui se considère comme athée. Ce rendez-vous est destiné à toute personne intéressée par un changement dans sa façon de vivre et d’agir au sein de la société, relève Jean-François Habermacher.

Info «La Terre brûle-t-elle?»

Organisé par l’association Cèdres Réflexion, le débat intitulé «La Terre brûle-t-elle?» se déroulera jeudi 5 septembre, de 19h à 21h, à l’aula du Palais de Rumine à Lausanne. La rencontre rassemblera:

  • Raphaël Arlettaz, chef du département de biologie de la conservation à l’Université de Berne
  • Philippe Thalmann, professeur d’économie urbaine et de l’environnement à l’EPFL
  • Isabelle Chevalley, conseillère nationale vert’libérale
  • Raphaël Mahaim, député vert au Grand Conseil vaudois
  • Roger Nordmann, conseiller national socialiste
  • Laurent Wehrli, conseiller national PLR

La soirée sera animée par le théologien et philosophe Jean-Marc Tétaz.