Les étrangers et les jeunes commettent proportionnellement davantage de délits que les autres citoyens. C'est ce que montre la nouvelle statistique policière sur la criminalité. Publiée en mars dernier, elle présente pour la première fois un panorama global des infractions commises en Suisse. Comment interpréter ces chiffres ? A qui profite le débat sécuritaire ? Sur ces questions, le regard pragmatique d'Olivier Guéniat, criminologue et chef de la police de sûreté du canton de Neuchâtel.
Propos recueillis par Julien Baumann.
Olivier Guéniat, y a-t-il une corrélation entre nationalité et criminalité ?
La nationalité n'a aucune incidence sur le passage à l'acte. La criminalité se définit grâce à une vingtaine de variables, réparties en quatre grands groupes. Par exemple, le background d'une personne, c'est-à-dire le sexe, l'âge et la classe sociale, vont jouer un rôle. Le contexte familial et l'environnement dans lequel un individu évolue. Et le plus important, la situation scolaire ou socioprofessionnelle. Il n'y a rien de plus risqué pour une personne que de ne pas pouvoir se projeter dans l'avenir. Quelle que soit la couleur du passeport, si ces variables sont réunies, il y a plus 80% de risque qu'un individu passe à l'acte.


