21 Octobre 2011 10:19 Samuel Ramuz
FormationLe temps de quatre cours, le professeur d'Ancien Testament de l'Université de Genève enseigne dans la vénérable institution française. Il est l'invité de Thomas Römer, titulaire de la chaire « Milieux bibliques » et également enseignant à Lausanne. Coup de fil parisien.
ProtestInfo: Jean-Daniel Macchi, les cours que vous donnez au Collège de France s'intitulent « Le livre d'Esther : réflexions sur une littérature de diaspora dans le judaïsme de l'époque du deuxième Temple ». Un enseignement que vous donnez également à vos étudiants de la Faculté de théologie de Genève ?
Jean-Daniel Macchi: Il m’arrive évidemment de traiter dans mon enseignement genevois d’aspects liés à la recherche que je mène actuellement sur le livre biblique d’Esther*. Cependant, l’enseignement au Collège de France est assez différent de ce qui se fait habituellement dans une université. En effet, le principe de cette institution, vieille de près de cinq siècles (ndlr: sa création date de 1530), est de fournir un enseignement portant spécifiquement sur la recherche « en train de se faire ».
P: Pour un mois, vous intégrez donc le sénacle des cinquante professeurs du prestigieux collège parisien. En échange de quoi ?
J.-D. Macchi: Le principe des invitations de professeurs n’est pas basé sur la réciprocité. Du coup, ce séjour est possible grâce à mes collègues des Facultés de théologie et de sciences des religions de Suisse romande qui ont accepté – sur la base d’échanges – de me décharger d’une partie de mes enseignements. L'opération ne coûte donc rien à l'Université qui m'emploie. Ces invitations sont relativement courantes dans le milieu académique. Mon collègue de Lausanne Christophe Nihan (ndlr : aujourd'hui directeur de l'Institut romand des sciences bibliques) a, par exemple, passé un semestre à l'Université de Bochum en 2008-2009.
Ce mois à Paris me permet d’avoir accès à des bibliothèques particulièrement bien dotées.
P: Quelles sont selon vous les forces de ce type de séjours ?
J.-D. Macchi: Pour les professeurs, de tels séjours « hors les murs » sont des occasions de se renouveler tant dans leurs enseignements que dans leurs recherches. Pour ma part, ce mois à Paris me permet d’avoir accès à des bibliothèques particulièrement bien dotées et d'avancer dans la rédaction d’un commentaire du livre d’Esther qui, si tout se passe comme je l’espère, devrait paraître en 2013.
P: On imagine que, pour une branche comme la vôtre, le contexte d'enseignement n'est pas tout à fait le même à Paris qu'à Genève. Vrai ?
J.-D. Macchi: Effectivement, on ressent que le régime de laïcité que connaît la France est un peu plus strict qu’en Suisse. Cela dit, le public qui suit mes cours – une centaine de personnes jusque-là – est très hétérogène: il va du professeur au curieux de passage. Le Collège de France n'accueille, en effet, pas d'étudiant régulier, car la mission de cette institution est de fournir à tous ceux qui le souhaitent l'accès à l'état actuel de la recherche.
* Jean-Daniel Macchi explique dans son premier cours parisien l'existence de quatre textes d'Esther: une version dite proto-Esther, la plus ancienne, et qui aurait débouché sur la mouture la plus connue du texte, dite massorétique, et sur deux versions grecques.
S. R.
Des vitraux de Hans Erni à Martigny : un reportage de ProtestInfo pour Faut pas Croire.
Rappel: l'article de ProtestInfo.

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