16 Août 2011 09:33 Tania Buri
FormationMotiver des jeunes à s'engager pour leur paroisse et susciter des vocations, c'est possible. Plusieurs paroisses romandes proposent aux adolescents de continuer de se former après leur confirmation ou leur fin de catéchisme, tout en accompagnant leurs cadets. La formule séduit un jeune sur trois.
Par Anne-Sylvie Mariéthoz
A Fribourg, près de la moitié des catéchumènes décident de continuer comme accompagnants. « Ils sont une cinquantaine actuellement », a expliqué à ProtestInfo le pasteur Martin Burkhard, responsable des activités jeunesses pour la paroisse réformée de Fribourg.
La formule a fait école et il existe des activités "jeunes" dans la paroisse du Vully (FR), à Monthey (VS), à Bienne (BE), à Delémont (JU) ainsi que dans les cantons de Neuchâtel et de Vaud, où on les connaît sous le nom de Jacks (Jeunes accompagnants de camps et de catéchisme).
Le principe est le même partout. Les Eglises proposent aux jeunes confirmés une formation en échange de leur engagement dans une paroisse. La formation touche à l'animation et à l’enseignement de la bible. Concrètement, les jeunes s’impliquent dans l’animation, l’encadrement et l’instruction de leurs cadets surtout pendant les camps.
Même dans les églises qui proposent des formations plus exigeantes débouchant sur un diplôme, comme celles des cantons de Vaud et de Neuchâtel, un bon tiers des confirmés choisissent de poursuivre dans cette voie. A l’heure où l’on entend plus souvent parler d’églises désertées, notamment par les jeunes, comment expliquer cet attrait?
La formule magique tient en deux mots: responsabilisation et formation, a relevé Pierre-Alain Chervet, diacre et ancien animateur de la paroisse de Fribourg. Laure Devaux, formatrice cantonale de jeunesse auprès de l’Eglise neuchâteloise, fait la même analyse : « c’est parce qu’on leur fait confiance et qu’ils se sentent utiles, que ces jeunes s’engagent volontiers ».
Laure Devaux note avec amusement qu’à la fin d'un de ses derniers camps avec les catéchumènes, ils étaient 35 sur 41 à vouloir poursuivre la formation. Même si ce chiffre sera vraisemblablement revu à la baisse, il reste un indice assez révélateur.
« Hors du terrain de la consommation, les jeunes gens sont trop rarement sollicités en tant qu’acteurs », poursuit Martin Burkhard.
Cette formation engendre des frais pour les paroisses qui, pour la plupart, l’offrent entièrement aux accompagnants. A Fribourg, la formation coûte près de 500 francs par jeune et par année. Dans le canton de Vaud, Guy Labarraque avance le montant de 10 000 francs par année pour l’ensemble des jeunes en formation.
Ces investissements ne sont pas remis en question. Dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel, on envisage même d’étendre l’offre en proposant des cours de formation continue en plus du cursus existant.
Cette filière des accompagnants suscite-t-elle des vocations? De Lausanne à Delémont, en passant par Bienne, les responsables en sont persuadés tout en relevant que ces jeunes gens ne se destinent pas tous au métier de pasteurs. Ce n’est du reste pas le but recherché, souligne Martin Burkhard : « notre projet est d'accompagner ces jeunes gens dans leur recherche spirituelle. S'ils restent attachés à une paroisse et continuent à s'inspirer de l’évangile, alors notre but est atteint ».
Des vitraux de Hans Erni à Martigny : un reportage de ProtestInfo pour Faut pas Croire.
Rappel: l'article de ProtestInfo.

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