23 Août 2010 16:38 Tania Buri
Formation
L'Institut a d'autres problèmes du même acabit. Le fonds réservé pour l'Institut Bossey auprès du Conseil oecuménique des Eglises (COE), - dont il dépend structurellement -, a aussi fondu. La FEPS, un bailleur de fonds important de l'Institut, cherche des pistes pour lui venir en aide.
Pour l'exercice 2010-2011, la FEPS va verser 60'000 francs à l'Institut, que les Eglises et les paroisses auront auparavant collecter auprès des paroissiens. « Nous allons faire notre possible pour rassembler ce montant », a expliqué Pia Grossholz, conseillère synodale bernoise. « Cela serait dommage de fermer cet Institut », a relevé Dieter Gerster, un délégué de la FEPS venant du canton de Schwyz. « Un rapport pourrait nous donner des indications plus précises sur les besoins de l'Institut et augmenter le cas échéant le montant de la collecte. »
Le président de la FEPS, Thomas Wipf, a insisté sur l'importance de l'Institut. « Pensons aux 60 à 80 millions de protestants en Chine, un nombre qu ne cesse de croître. Il est important pour les théologiens chinois comme pour ceux qui viennent du Sud de pouvoir se former dans les lieux où le protestantisme est né. » « N'oublions pas que Bossey est la seule école sur le plan mondial à offrir une formation oecuménique de niveau académique, a encore souligné Simon Weber, porte-parole de la FEPS. C'est un lieu central pour lutter contre les fondamentalismes. »
Un autre bémol: Bossey compte peu d'étudiants suisses. Sur les 407 théologiens en herbe qui sont passés par l'Institut entre 2000 et 2010, 126 venaient d'Afrique, 116 d'Europe, en particulier de l'Est, mais seulement six de Suisse. « Les étudiants suisses et d'Europe de l'Ouest ne reçoivent pas de bourses. Et l'écolage est cher: 13'000 francs par étudiants », a précisé le directeur de Bossey. Autre conséquence de la baisse de moyens: le plan d'études a été touché, et les masters sont désormais moins nombreux, selon le directeur.
Du côté du personnel de Bossey, tout semble aller au mieux. " Nous allons même engager du personnel", a souligné M. Sauca. La question se pose, car le COE, dont Bossey dépend, est sous pression. L'organisation connaît une restructuration. Une dizaine de personnes sont concernées: des contrats qui arrivent à échéance ne sont pas prolongés et des plans de pré-retraite sont proposés.
Pour trouver de nouveaux moyens et faire venir davantage d'étudiants de Suisse et d'Europe de l'Ouest, Bossey va mettre les étudiants à contribution. « Ce sont nos meilleurs ambassadeurs », a expliqué la porte-parole de l'Institut, Mme Anu Talvivaara. « Nous avons commencé à retracer les parcours des étudiants, qui sont passés par Bossey. Ces textes seront diffusés via des newsletters. Cela pourrait inciter de jeunes gens à venir à l'Institut et les anciens à verser des dons. »
Bossey suit une autre piste. « Nous rénovons et agrandissons l'Institut pour offrir 20 chambres de plus à des étudiants résidants et 200 places supplémentaires pour la tenue de conférences», a relevé le directeur. La location de salles de conférences par des organisations extérieures génère actuellement un chiffre d'affaires de 2 millions de francs par année.

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